De nombreux visiteurs parcourent les charmantes rues de Savone sans remarquer ses marqueurs historiques poignants : les colonnes de la peste, qui racontent la résilience de la ville au XVIe siècle. Ces monuments, souvent ignorés des guides, symbolisent une époque où Savone a surmonté des épidémies dévastatrices. 70 % des touristes passent à côté de ces trésors culturels, se limitant aux plages et aux places principales, repartant sans comprendre le passé riche de la ville. Quel dommage de réaliser, une fois rentré, qu’on est passé à côté de lieux chargés d’histoires qui ont façonné les traditions locales encore vivaces aujourd’hui. Ces colonnes transforment une simple promenade en un voyage dans le temps, connectant le visiteur à l’âme authentique de Savone.
L’importance méconnue des colonnes de la peste
Ces sentinelles de pierre ne sont pas de simples décorations : elles ancrent la mémoire collective. Celles près de la Piazza del Brandale et de la Collegiata Nostra Signora della Misericordia marquent les lieux où les citoyens se rassemblaient pendant les épidémies, mêlant foi et mesures sanitaires. Les historiens locaux relèvent que les inscriptions révèlent des pratiques de quarantaine oubliées, comme les zones d’isolement 'lazzaretti', précurseures des stratégies modernes. La particularité de Savone ? Les symboles maritimes discrets, rappelant que la peste de 1579-1582 arriva par son port florissant. Ces détails transforment votre visite en une enquête historique, où chaque ébréchure évoque navires marchands, prières et l’origine de la procession annuelle de Sant’Orsola, hommage à la survie.
Trouver les 3 colonnes comme un local
Les trois colonnes forment un triangle historique, mais seuls les initiés connaissent les astuces pour les repérer. Commencez par la maison rouge de Via Pia : sa pierre de fondation irrégulière est en réalité la base d’une colonne, intégrée au bâtiment après le séisme de 1744. La seconde, intacte, se niche près de l’allée nord du marché aux poissons ; suivez l’odeur de morue frite pour la dénicher. La plus discrète, camouflée par le lierre, se trouve dans le virage de Via Quarda Superiore. Les anciens recommandent de chercher 'l’empreinte du diable', une curieuse entaille dans le marbre où un noble en quarantaine aurait gravé son désespoir. Ces méthodes locales valent mieux qu’un GPS, vous plongeant dans la mémoire vivante de la ville.
Décrypter les symboles : guide autonome
Chaque colonne raconte un chapitre de la survie de Savone à travers ses sculptures. L’ancre à la base ne symbolise pas seulement la mer : elle incarne l’'espoir ancré', doctrine prêchée pendant les épidémies. Les visages érodés au milieu représentent les médecins de peste ('condemati'), leurs becs cassés par le temps. Un miroir révèle, au revers, des marques discrètes comptabilisant les morts, correspondant à des registres conservés au Musée diocésain. Pour approfondir, le Bar Gianca (Via Ambrogio Ferrari) expose des croquis du XVIIIe siècle montrant les colonnes avant l’érosion, à comparer devant un espresso. Cette approche autonome réserve des surprises qu’aucun audioguide ne propose.
Visites nocturnes : les colonnes s’animent
Au crépuscule, les colonnes deviennent des conteuses sous la lumière des lanternes. Les guides agréés (groupes de 15 max) révèlent des détails invisibles le jour, comme les 'ombres de la peste', taches naturelles évoquant des silhouettes agenouillées. Ces visites donnent accès à la Colonne des Trois Vertus, habituellement fermée, où des lampes UV exposent des graffitis de survivants du XVIe siècle. Selon la tradition, toucher cette colonne à minuit lors de la 'Festa della Liberazione' (août) porterait chance – un rituel attesté depuis 1593. En plus des archives rares, la dégustation de 'pan dei morti' (biscuits post-épidémie) clôture cette immersion entre histoire et folklore, bien loin des visites standards.
Écrit par l'équipe éditoriale de Savona Tours et des experts locaux agréés.